By Floriane Graignic

Caméra d’or à Cannes en 2016, Divines nous plonge dans le quotidien de Dounia et Maïmouna, deux jeunes filles aux rêves de gloire et d’argent – « money, money, money » comme elles ne cessent de le répéter – mais que la réalité de leur cité de banlieue parisienne contraint à verser dans l’illégalité. Oscillant entre comique, drame et polar, le film convainc notamment par l’incroyable talent de ses actrices, dont la sincérité bouleverse le spectateur.

Divines, c’est avant tout l’histoire de gamines à qui la société offre un futur peu engageant.

Dounia vit dans un camp de Roms à proximité du périphérique. Sa mère, alcoolique, enchaîne les histoires sans lendemain ; bien souvent, les rôles s’inversent et c’est Dounia qui reprend sa mère, lui fait la morale ou la ramène chez elle quand son taux d’alcoolémie ne lui permet plus de marcher seule. Pour s’en sortir, peu de choix s’offrent à elle en dehors de cette préparation au diplôme d’hôtesse d’accueil, qui la rend particulièrement sceptique. Il y a notamment cette dispute violente, mais criante de vérité, entre Dounia et son professeur. Bien qu’on éprouve de la pitié pour cette dame, complètement dépassée par l’attitude de ses élèves qu’elle cherche sincèrement à aider, les paroles de Dounia reflètent l’hypocrisie de la société vis-à-vis de ses banlieues. Comment définir le succès pour ces jeunes aux opportunités plus que limitées ? Est-ce que réussir sa vie, c’est gagner 1100€ par mois en tant qu’hôtesse d’accueil, avec des charges si importantes qu’à la fin, il ne reste plus rien ? Peu étonnant qu’ils soient nombreux à tomber dans le trafic de drogue…

Malgré la gravité des sujets que ce film évoque, il y règne une bonne humeur contagieuse. Ces filles sont profondément attachantes, et l’on rit avec elles lorsqu’elles s’évadent à bord de leur Ferrari imaginaire ou lorsqu’elles se mettent à philosopher sur l’existence de Dieu. Ces actrices sont bouleversantes, tant par leur capacité à communiquer le rire que la tristesse, en particulier Oulaya Amamra, incroyable dans la scène finale. On notera également le talent immense du danseur Kevin Mischel, dont les chorégraphies apportent sensualité et grâce à ce long-métrage, tout en pimentant des scènes au potentiel érotique impressionnant.

S’il n’y avait qu’un seul reproche à faire à Divines, ce serait peut-être d’aller trop loin dans le polar, au point de flirter parfois avec l’invraisemblance. Ainsi, à mesure que le film avance, l’histoire de Dounia et Maïmouna semble de moins en moins ancrée dans une réalité vécue. Il n’empêche que ces extrêmes font parfois partie du quotidien des banlieues. Ils n’enlèvent rien à la beauté de Divines et à l’enthousiasme touchant de ses actrices et de sa réalisatrice.

Bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19563873&cfilm=244069.html

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