By Emma Jean

En 2015, 15 075 migrants ont été portés disparus ou retrouvés morts sur la route de l’exil. Les associations multiplient les plans d’action. Mais que fait l’Europe ?

Jeudi 15 septembre. Positive Economy Forum. Sophie Beau présente le bilan de SOS Méditerrannée. La directrice et co-fondatrice de l’association qui vient en aide aux migrants, aligne les chiffres catastrophiques. 6187 personnes ont été recueillies depuis le premier sauvetage de l’Aquarius, le 7 mars dernier.

Dès l’hiver 2014-2015, à la fin de l’opération Mare Nostrum, Sophie Beau, épaulée par Klaus Vogel, a fait appel au devoir d’assistance et d’humanité de tout citoyen européen. 77 000 euros, dix sauveteurs et médecins, doivent être mobilisés pour chaque opération.  Porter secours à ces réfugiées sur l’axe situé entre la Lybie et l’Italie est un devoir, ce dernier étant devenu le plus meurtrier du monde.

Les états membres de l’UE encore trop hésitants :

            « Nous savons bien que les Etats, nos dirigeants politiques n’accomplissent pas ce mandat d’assistance qui devrait être le leur. » déplore Sophie Beau. « Et pourtant, nous pensions que d’autres citoyens étaient indignés comme nous. Nous pensions que cette immobilisme n’était pas dû à de l’indifférence mais plutôt à un réel sentiment d’impuissance. »

Justifier la non-réactivité des Etats s’avère plus difficile. Henri Labayle, dirigeant de la CDRE – laboratoire de recherches spécialisé en matières de droits fondamentaux et d’immigration, dénonce l’inconsistance et l’inactivité de l’Union Européenne « Rien ne change. Les minutes de silence au sein des institutions européennes ne se comptent plus face à la litanie des morts et des disparus en Méditerranée. » 

L’action politique serait pourtant nécessaire. SOS Méditerranée a besoin de soutien. L’Union Européenne doit mettre en place des mesures collectives et durables. Des moyens économiques ont été mobilisés grâce à un élan de solidarité citoyenne. Le combat doit désormais être mené à l’échelle européenne. Créer un système de sauvetage puis de réception des migrants harmonieux et commun entre les 28 états-membres permettrait de faciliter et de fluidifier ce flux.

Et après le sauvetage ?

            La deuxième mission essentielle de SOS Méditerranée est de protéger et d’accompagner les migrants, une fois arrivés en Italie. Il est cependant difficile de déterminer l’avenir de ces réfugiés au sein de l’Union Européenne.

Chatty Dawn, anthropologiste, explique qu’un « malentendu culturel » est à l’origine de l’inadéquation entre les besoins des migrants, et les solutions qui leur sont proposées.Le stéréotype dépeignant des migrants sans éducation ou qualifications ne permet pas de répondre efficacement à leurs attentes. La grande majorité d’entre eux est éduquée et ne souhaite donc pas se retrouver dans des camps. Les migrants préfèrent s’installer « volontairement » (« self-settlement ») et bénéficier d’aides financières, pour pouvoir développer un projet personnel par la suite.

Pour répondre efficacement à la crise des migrants,  prendre en compte le contexte du Moyen-Orient est nécessaire ; de même, coordonnons l’action d’associations telles que SOS Méditerranée, et de l’UE. Ce serait la meilleure solution pour assurer l’avenir de ces derniers.

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