La mort de Fidel Castro : peut-il encore déclencher une révolution ?

By Jean Bailet.

La passe d’armes entre Zak Vescera et Mark Narusov ne vous a pas convaincu, ou vous voulez d’autres éléments à propos de l’héritage laissé par Castro ? Voici une version qui n’a de véridique que sa prétention à la véracité.

       Fidel Castro était un peu comme Michel Drucker : il était là depuis tellement longtemps qu’on ne réalisait plus l’importance, l’impact phénoménal du personnage. La comparaison est osée, certes, mais fait sens : les deux sont arrivés sensiblement en même temps (Castro est devenu premier ministre en 1959 et Drucker est entré à l’ORTF en 1964) et ont énormément fait pour leurs domaine. Enfin, de la même manière que la mort du « Lider Maximo » est l’occasion de ressortir des compilations de ses traits les mieux sentis, à la mort de Drucker, nous sommes bon pour 6 mois de best-of de Champs-Elysées et de Vivement Dimanche.

            La comparaison, cependant, s’arrête là. Car Castro est de ces hommes qui même longtemps après leurs morts, restent des sources d’inspirations. Et de ce point là, l’ampleur du phénomène Castro est inégalée, s’enhardissant à quitter la sphère sociétale pour les sphères politiques.

            La mort du lider a de fait été l’élément déclencheur du plus grand séisme politique qu’ait connu le XXIème siècle. C’est en France, décidément terreau fertile en changements sociaux, que le phénomène démarra avec la décision d’Emmanuel Macron élu à la présidence à la surprise générale quelques semaines auparavant suite au désistement de François Fillon pour des raisons de santé, de nommer Jean-Luc Mélenchon, jusqu’ici président du Front de Gauche –un parti alors populo-syndicaliste naviguant entre ses convictions héritées du PCF et la réalité électorale lui imposant d’évoluer vers un modèle inspiré du Labour britannique- au Ministère des Affaires étrangères.

            En Marche ne devait en effet son succès qu’à une alliance de circonstance avec l’extrême-gauche et les sécessionnistes Vallsistes, qui s’étaient désolidarisés du parti socialiste à la victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche. Se sentant redevable aux deux partis, Monsieur Macron avait alors nommé Jean-Luc Mélenchon au quai d’Orsay et soutenu Valls qui ambitionnait de prendre la tête de l’Assemblée Nationale.

            Mais en octobre 2017 au cours d’une visite officielle en Chine, Monsieur Mélenchon déclara être « impressionné par l’efficacité de l’appareil productif et du système d’investissement étatique mis en place » qui représentait selon lui une « solution durable » à « l’impasse dans laquelle les gouvernements européens s’étaient engouffrées depuis 2008 ». Pour Emmanuel Macron, qui bien que s’évertuant à le nier, est un pur produit de ce système, ce coup-bas fut dur à encaisser. Malgré les poignées de mains de façade et les sourires à BFM TV, en interne le torchon brulait entre les deux hommes. Jean-Luc Mélenchon fut finalement remercié 4 mois après l’incident.

            Mais le mal était fait. Mélenchon, dont la position avait constitué une formidable caisse de résonnance, avait planté des graines dont la germination allait crever à la surface de la Terre.

A suivre…

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