By Sarah Tosca Levy, photos by Juliette Briey.

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Samedi 1er avril, dans le vieux réfectoire, le sol était constellé de miettes –celles d’une brioche effritée, celles d’un immeuble éventré, celles des corps disloqués. Le petit déjeuner est servi. Au menu ? Un kamikaze, deux amants qui batifolent, une quarantenaire presque folle, une fille jetée à terre, une psychologue, des condoléances, des danses hallucinées. Drama’thalia, la troupe de théâtre du campus de Reims, nous offre une interprétation bilingue de « War and Breakfast » des plus goûteuses.

« War and Breakfast », c’est d’abord une pièce de Mark Ravenhill, publiée en Angleterre en 2008, soit cinq ans après le début de la guerre en Irak menée aux côtés des Etats-Unis, sous le gouvernement Blair. Initialement composée de seize scènes, la pièce aborde des sujets aussi variés et puissants que la guerre, le terrorisme, l’intolérance, sans pour autant sacrifier une certaine fraîcheur et une impertinence chères à Nathanaël Ruestchmann, le metteur en scène. « On a choisi de jouer six scènes, deux en anglais, quatre en français. On a aussi ajouté deux scènes de transition, qui sont plus légères et optimistes. Pour nous, il était important de réussir à faire sourire le spectateur, le faire décompresser entre deux scènes difficiles par leur violence.»

Les défis étaient multiples pour Drama’thalia, troisième troupe française à n’avoir jamais interprété War and Breakfast : le texte, poétique et noir, peu apprivoisable pour la mise en scène ; l’engagement frontal de la pièce et l’humilité qu’implique l’incarnation des victimes et bourreaux de la guerre. C’est d’ailleurs avec l’aide de Guillaume Piketty, professeur d’histoire à Sciences Po Paris dont les recherches portent entre autres sur le phénomène guerrier au vingtième siècle, que la troupe a pu nourrir son interprétation du texte.

Le résultat ? Une pièce mémorable au sens originel du terme – une pièce qui laisse des marques sans laisser indifférent, une expérience sensorielle portée par une troupe dynamique et émouvante. On se prend à fredonner « Où va le monde », chanson de La Femme ô combien pertinente et amère dans le contexte de la pièce ; on se crispe face aux sanglots d’une mère amputée de son fils mort au combat ; et surtout, on réfléchit, on n’arrête pas de réfléchir, on ne veut plus arrêter de réfléchir. Comme un enfant qui poserait des questions sur ce qui l’entoure, sur ce qui est évident aux yeux de tous – qui est bon, qui est mauvais, qui meurt et fait mourir.

Prochaine et dernière représentation le jeudi 13 avril de 19h15 à 20h45, Salle François Goguel (Paris 7ème)

Réservations et informations sur la page Facebook de la pièce : https://www.facebook.com/events/236991583436923/

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