By Antoine Humbert

Une fois de plus, l’été aura été particulièrement marqué par l’actualité footballistique en raison de la période estivale des transferts. Ceux-ci ont battus tous les records confirmant le tournant radical pris par le football depuis le début du siècle et plus particulièrement ces dix dernières années.

Avant même la fin du mercato estival (ndlr le 31 août), celui-ci a déjà battu tous les records : celui du montant total des transactions (plus de 3,3 milliards de dollars pour les cinq plus grands championnats), celui du gardien le plus cher, du défenseur le plus cher, du joueur le plus cher, etc. Ainsi, le club anglais de Manchester City a d’ores et déjà dépensé plus de 218 millions d’euros cet été pour reconstruire son secteur défensif. Soit une somme supérieure au budget de la défense de 71 pays dans le monde, tels que la RDC ou la Bosnie. Le transfert du jeune prodige brésilien Neymar, du FC Barcelone au Paris Saint-Germain, pour 220 millions d’euros tient de la même aberration. 220 millions d’euros, cela équivaut à 16 300 clios, au budget annuel de la creuse ou bien encore comme mis en avant par les supporters guingampais à 44 400 000 pintes.

Mais le cœur du problème ne réside pas là mais bien dans l’idolâtrie faite des joueurs qui les présente comme intouchables et tout permis. Ainsi, pour fêter le transfert de Neymar Junior au PSG, les services de la Tour Eiffel, un lieu publique et historique, ont été requis pour lui souhaiter la bienvenue dans la capitale parisienne. Autant dire que l’arrivée du brésilien est considérée comme un évènement national si ce n’est international alors que l’on ne parle ‘’que’’ de foot.

Par ailleurs les valeurs du sport sont de moins en moins présentes dans le sport le plus populaire et le plus pratiqué du monde. Malgré toutes les politiques mises en place par la FIFA et les autres instances du football international, notamment pour dénoncer le racisme ou développer le fair-play, les incidents se multiplient. Les joueurs, source d’émerveillement pour des millions de jeunes se croient dorénavant tout permis et ont des raisons de le croire en vue de leur salaire. Le nouveau salaire de Neymar (et oui encore lui) au PSG sur 5 ans s’élève ainsi à plus de 150 millions d’euros net, sans les primes ni les contrats annexes avec sa sélection nationale et surtout avec les sponsors. Et Neymar n’est pourtant pas devenu le joueur le mieux payé du monde par la même occasion. L’énormité de ces sommes et l’enjeu aussi bien sportif qu’économique que ces joueurs représentent leur permet de faire tout et n’importe quoi sans crainte d’être sanctionné. Ainsi Mario Balotelli a été arrêté pour excès de vitesse la semaine dernière sur une autoroute italienne. Rien de spéciale si ce n’est que « SuperMario » est un habitué avec plus de 30 excès de vitesse à son actif. A ces excès on peut ajouter tous les joueurs coupables d’évasion fiscal, pratique connue du milieu mais révélée au grand monde en décembre 2016 par la publication des Football Leaks. Comme quoi, plus on a de l’argent plus on en veut.

Dans le même temps, le football amateur lui-même connait un sort dramatique avec une perte d’identité et une disparition de plus en plus criante des valeurs sportives. Le nombre d’agressions sur les arbitres ne cessent d’augmenter, les vols dans les vestiaires se multiplient et les terrains de foot deviennent de plus en plus les théâtres d’excès d’engagement physiques a répétition. Quoi de plus normale quand on voit le comportement des modèles de tous ces jeunes aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Entre les Cahuzac célèbres pour leur jeux violents et dangereux, les Suarez qui mordent leurs adversaires en plein matchs, les Zidane qui pêtent les plombs ou bien les Messi et Ronaldo qui ne payent pas leurs impôts, les sources d’inspiration ne manquent pas.

La financiarisation du football ne s’est pas faite sans sacrifice. On a sacrifié les valeurs du sport au profit d’une capitalisation de celui-ci. Le plaisir et le divertissement dans le football ne sont plus qu’accessoires, tout n’est dorénavant qu’histoire de sous, de profits, d’échanges sur les marchés, d’investissement sur court, moyen et long-terme. Il n’y a plus de joueurs, plus de public, plus de stade mais seulement des avoirs financiers, des investisseurs et du capital.

Il est donc essentiel d’agir pour revenir aux valeurs du sport et continuer de faire rêver nos jeunes à travers le monde. De les faire rêver non pas d’argent mais de valeurs sportives, d’exploits et non de salaires, de fans et non de sponsors. L’avenir du football en tant que sport est donc en suspens ; au point de remettre en question Pierre de Coubertin selon qui “Un seul sport n’a connu ni arrêts ni reculs : le football. A quoi cela peut-il tenir sinon à la valeur intrinsèque du jeu lui-même, aux émotions qu’il procure, à l’intérêt qu’il présente ?”

Photo/ Twitter User @jmxcdo

2 thoughts on “Mais Où Va le Foot?

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