Par Mathilde Mousson

Nous arrivons à Santa Marta, dans le nord de la Colombie, après 15 heures d’avion, deux transites et un total de 29 heures de voyage depuis notre départ à une heure du matin. Nos parents nous ont promis un voyage routard à ma sœur et moi, et nous voilà en file indienne, un gros sac à dos derrière et un petit sur le ventre. Après une nuit de sommeil, nous effectuons notre première courte randonnée le long d’une rivière pour se baigner dans des piscines naturelles au pied de petites cascades. Mais nous éprouvons vraiment la chaleur humide des Caraïbes le lendemain, dans le parc de Tayrona, lors d’une longue marche en forêt – où les moustiques sont un peu trop présents – et qui finit dans une mer des Caraïbes… agitée.

Notre périple se poursuit en direction de Carthagène où le climat reste inchangé. C’est une véritable ville musée que nous parcourons à un rythme de neuf à dix heures par jour. Une fois ses remparts franchis, plusieurs mariages admirés et ses riches églises décorées aux feuilles d’or visitées, nous nous orientons vers le sud dans un petit village peu touché par le tourisme au bout de sept heures de car. Si nous sommes habitués à ne pas manger le midi en voyage, nous nous contentons ce jour-là et le suivant d’un unique repas par jour pour cause de nombreuses heures passées dans les transports.

Mompox est un coup de cœur, à la fois authentique et perdu aux confins de la Colombie, aux abords du Rio Magdalena. Aux allures de ville désertique en dehors de la réalité, des ateliers où l’on travaille l’argent bordent les rues tranquilles, d’où l’on peut apercevoir de superbes patios verdoyants. Dès le lendemain nous partons pour San Gil qui, plus touristique, valait le détour  pour une séance de rafting …et c’est aussi là que j’ai droit à ma première douche chaude. À peine séchés, nous profitons du marché avant de reprendre le car pour Barichara.

Cette fois ce sont des rues pavées qui quadrillent une ville toute en reliefs coincée dans la cordillère orientale des Andes. Nous en profitons également pour faire une randonnée sur le Real Camino, d’abord emprunté par les Indiens, puis anciennement pavé par les premiers colons espagnols. Le lendemain, une suite de trois trajets en cars nous emmène à Villa De Leyva pour y voir le marché du samedi matin. Les rues, de plus en plus nombreuses  à sillonner, nous font  découvrir les églises et façades typiques du pays. C’est de là que l’on part visiter le monastère de la Candelaria, le plus vieux qui fonctionne encore en Colombie. Un moine nous fait découvrir la véritable mine d’or que cela représente, avec ses tableaux datant du XVIIe siècle, son retable d’origine et ses livres écrits à la main en latin et parfaitement conservés… Une rencontre inoubliable.

Nous poursuivons ensuite notre chemin en bus de nuit nous portant jusqu’à San Agustin. On quitte alors les chaleurs humides pour nous élever à 2 000 m d’altitude. Dès notre arrivée, une balade à cheval de 4h nous attend afin de rejoindre les différents points d’intérêt où nous pouvons observer des sculptures datant de 3600 av. J-C. Une première expérience d’équitation au dos de Mantequilla, qui alterne entre petit trot dans les descentes et un pas tranquille dans les montées, ce qui permet d’admirer le paysage montagneux alentour. L’après-midi même nous visitons le parc archéologique afin d’y découvrir des monticules funéraires, sculptures et pierres tombales de l’époque précolombienne. Un site peu connu dans un lieu reflétant la Colombie profonde, où la préservation de l’environnement représente déjà une priorité pour le pays.

Le lendemain nous repartons pour Popayan, à travers le parc national de Purace qui chevauche les Andes à une hauteur de 4 000 m d’altitude, sur une route étroitement surveillée par les militaires, comme pour nous rappeler la présence des conflits armés dans la région, et son (plus ou moins) ancien rôle de route de la drogue. Nous progressons sur une piste cahoteuse pour rejoindre cette ville une fois encore emplie d’églises, plus ou moins épargnées par les nombreux tremblements de terre propres à la région. Mais le véritable intérêt de cette étape est le marché de Silvia auquel nous nous rendons le lendemain à la première heure. Encore très traditionnel, c’est le point de rencontre de plusieurs villages dont les habitants sont reconnaissables à leur jupes colorées et chapeaux colombiens.

Après cette expérience unique, nous reprenons un car pour nous rendre à Cali. Une escale plus “cosy” pour l’anniversaire de mariage de mes parents, où j’ai droit à ma seconde douche chaude ! Aussi appelée “la ville de la salsa”, nous avons pu y apercevoir des bars dansants dans lesquels nous ne pouvons pas entrer, ma soeur étant mineure… Le lendemain c’est reparti pour une route endiablée en bus, slalomant entre motos et camions à une vitesse de 80 voire 100 km/h malgré la limitation à 40, et le tout en montagne, avec virages et interdiction de dépasser. Nous arrivons donc à Salento, à temps pour visiter « una finca de cafe », la Colombie en étant le 3ème exportateur mondial. Cueillette, visite et dégustation plus tard, nous passons la nuit en dortoir avant de randonner dans le parc de la Cocora. Ses palmiers de cire peuvent culminer jusqu’à 65 m de hauteur, méritant ainsi le titre d’emblème du pays. Les paysages sont époustouflants, récompensant les efforts fournis pendant 4 heures à 2 800 m d’altitude. Après avoir grimpé en montagne pour les mitrailler de photos, nous reprenons un bus, en direction d’une nouvelle hacienda.

La gare de Salento est composée d’une table et d’une chaise en plastique en guise de bureau pour le personnel, ainsi que de deux bancs de fortune pour les premiers arrivés. La hacienda se trouve au beau milieu des plantations de café, loin de tout et de tout le monde. C’est une nouvelle randonnée ponctuée de moustiques, et le trafic colombien  nous mène à Medellin à travers une route de montagne dont la végétation caractérise le pays (et la longueur aussi puisque nous mettons finalement six heures au lieu des quatre prévues initialement). Nous entamons alors la dernière semaine du voyage, qui constitue le plus long séjour de notre périple puisque nous resterons quatre nuits à Medellin. Le premier jour nous allons à Guatape. Au sommet de près de mille marches, nous surplombons la ville victime d’une montée des eaux qui y a dessiné des lacs. Nous arpentons ensuite ses ruelles colorées avant de rejoindre Medellin.

Le lendemain, après avoir visité le superbe musée Botero, nous nous dirigeons cette fois à Santa Fe de Antioquia, ancienne capitale de la région. Le troisième et dernier jour nous continuons la visite de Medellin, où les opposés se côtoient, passant des quartiers propres et récemment modernisés à ceux qu’il nous est fortement déconseillé de fréquenter. C’est aussi le dernier jour de la fête des fleurs, l’occasion annuelle pour les habitants de défiler sur deux km, leurs compositions artistiques sur le dos. Une visite qui se termine par le jardin botanique et son impressionnante collection d’orchidées, immense et située en pleine ville.

Un vol intérieur nous envoie finalement à Bogota, la capitale du pays. Nous visitons le jour même le musée de l’or, exposant l’histoire précolombienne du pays, avec les traditions et coutumes des différentes tribus indiennes. Le lendemain on parcourt la vieille ville, ses riches églises et son musée de la monnaie retraçant sa création entre l’Europe et les Amériques. Après un restaurant français trouvé par hasard, nous dormons pour la dernière fois en Colombie. Nous sommes alors  le jeudi 10 août, et l’heure est venue pour nous de prendre la direction de l’aéroport pour un voyage de près de 24 heures afin de rejoindre la maison.

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