By Antoine Humbert

Alors que le football international est secoué par les scandales, le football féminin français attend avec impatience le plus grand moment de son histoire : l’organisation de la Coupe du Monde 2019 à domicile.

Le mercredi 27 septembre 2017, la Fédération Française de Football (FFF) organisait conjointement avec la Ville de Reims la promotion de la Coupe du Monde de football féminin. Reims a ainsi été sélectionnée comme une des villes hôtes de cette compétition, qui se tiendra du 7 juin au 7 juillet 2019 dans neuf villes françaises. A cette occasion, le trophée, qui sera remis à l’équipe championne du monde 2019, était présenté sur la pelouse du stade Auguste Delaune, le domicile hebdomadaire du Stade de Reims. Le Sundial Press était sur place pour couvrir le lancement officiel de la coupe du monde et en apprendre un peu plus sur les objectifs d’une telle manifestation sportive. L’événement a débuté à 10 h 30, par la présentation officielle du projet en présence de Brigitte Henriques, vice-présidente de la FFF, Arnaud Robinet, maire (LR) de Reims et Jean-Pierre Caillot, président du Stade de Reims.

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Le stade Auguste Delaune, antre du SDR. Photo: Victoria Constantin//The Sundial Press

En arrivant sur les coups de midi au parc de Léo Lagrange, la première impression était un peu décevante en raison de l’absence de monde malgré la présentation du trophée et les très nombreux ateliers autour du football qui étaient proposés. Parmi ces derniers, on retrouve des séances de tirs au but, du baby-foot humain ou bien encore du cécifoot (le foot pour aveugles se jouant avec un ballon à grelots). Profitant de cet événement, la fédération de football de la Marne ainsi que l’agence contre la délinquance juvénile étaient présents pour informer les visiteurs. Face à cette absence, les agents du Stade se sont voulus très rassurants, nous expliquant que de nombreux jeunes étaient attendus dans le courant de l’après-midi, n’ayant pas cours le mercredi. Le moment phare de l’événement était bien entendu la découverte du fameux trophée, dévoilé par un long tapis rouge et deux hôtesses de la FFF. Avant de pouvoir admirer la coupe, l’organisation nous emmène à la découverte du Stade Auguste-Delaune, sur les chemins de son histoire, nous faisant passer par la salle des trophées, les salons privés, les vestiaires ou encore la salle de massage dédiée aux joueurs. Cette visite a permis, par la même occasion, de faire découvrir aux Rémois les coulisses de leur club de cœur. Pouvoir s’approcher du trophée d’une coupe du monde de football est toujours un moment émotionnel, particulièrement fort pour tout grand supporter de foot. Suite à cette expérience, nous avons eu la chance d’être guidés avec Victoria vers le salon Raymond Koppa où la conférence de presse du matin avait eu lieu afin d’y interviewer Brigitte Henriques, ancienne internationale française, triple championne de France et vice-présidente de la FFF chargée de l’organisation de la Coupe du Monde 2019.  

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Brigitte Henriques, vice-présidente de la FFF. Photo: Victoria Constantin//The Sundial Press

Brigitte Henriques est une ancienne joueuse professionnelle de football des années 90 qui a donc connu le monde du football féminin et ses mutations. Répondant à nos questions, elle a tenu à rappeler un point phare de l’histoire du football féminin : il n’a en effet été officiellement reconnu par la FFF qu’en 1970, suite à son interdiction en 1940 par le régime du Vichy. Sachant que le tout premier match de football féminin en Europe a eu lieu en 1921, lors d’un match opposant l’Angleterre à … la France. Le football féminin en France a donc pris du retard et on doit surtout son retour à l’équipe féminine rémoise qui, à cette époque, était connue mondialement, portant les couleurs de la France lors des matchs internationaux et jouant devant des stades remplis de 40 000 voire 50 000 fidèles supporters. « Le choix de la ville de Reims était donc évident tant le football féminin français doit à cette ville », nous dévoile Brigitte Henriques. Pour ce qui est du choix des huit autres villes hôtes de la compétition, l’ancienne internationale tricolore nous explique que le choix s’est avant tout porté sur des villes qui avaient déjà accueilli des matchs des Bleues, motivées par le projet et disposant de stades de taille correcte. La FFF vise une affluence moyenne de 20 000 spectateurs pour les matchs de la coupe du monde, en prenant en compte que les matchs des Bleues sont joués devant une moyenne de 12 000 personnes à l’heure actuelle.

Mais l’objectif d’un tel événement va au-delà du simple remplissage des stades. Comme nous le confie Mme Henriques, « il faut donner envie aux gens de venir au stade. Il faut que le fait de venir au stade soit la récompense de tout le travail effectué en amont ». De plus, dans le cas de la ville de Reims, il y a une volonté de cohésion sociale par la mise en place de partenariats avec les différentes cités de la ville dans l’optique de cette manifestation sportive. A cette occasion, Gianni Infantino, président de la FIFA espère atteindre une audience cumulée de 1 milliard de téléspectateurs. Un chiffre atteignable , au vu de la fréquentation de  la dernière coupe du monde au Canada en 2015, où le chiffre de 750 millions avait été dépassé. Cela permettrait d’avoir une meilleure visibilité dans la lignée des efforts politiques et sociaux déjà mis en place avec des initiatives telles que les quatre saisons du sport féminin et l’enveloppe débloquée pour la promotion de l’ensemble des sports féminins à la télé. Ces différentes initiatives ont ainsi permis de passer de 50 000 licenciées en 2010 à plus de 120 000 aujourd’hui. Et la fédération ne compte pas s’arrêter là. « Le foot féminin est devenu un sport à la mode. Aujourd’hui toutes les jeunes filles veulent le pratiquer et nous sommes en plein essor, ce phénomène n’est pas prêt de s’arrêter. » Aujourd’hui, les matchs des Bleues rassemblent jusqu’à 5 millions de téléspectateurs, à titre de comparaison les hommes en regroupent entre 8 et 9 millions, le tour de France (évènement sportif le plus suivi en France) 10 millions et le rugby féminin « seulement » 600 000. L’organisation de la Coupe du Monde de football féminin représente donc l’opportunité unique de promouvoir le football mais aussi l’ensemble des sports féminins auprès des femmes, comme l’a rappelé notre maire au cours de cette cérémonie.

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La salle des trophées du Stade de Reims, un exemple à suivre pour les Bleues. Photo: Victoria Constantin//The Sundial Press

Quoi de mieux que ce message adressé par Brigitte Henriques à notre campus euro-américain pour conclure cet article, après avoir appris l’existence d’une équipe de football féminin sur celui-ci : « Venez au stade, venez soutenir les joueuses et montrer à tous que le foot féminin a des beaux jours devant lui ! ».

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