Mongolia in July: Tango, Yaks and the Naadam

By Sara Sanabria

Where were you the last time you felt a sense of pure wonder? A feeling of absolute amazement; as if the world had stopped spinning and it is just you and that, which is in front of you? For me, it was beside a dusty road outside of Hatgal, Mongolia.

Let’s rewind back for a second: Mongolia is like a patty stuck between China and Russia. It is landlocked, dry, and reaches below freezing temperatures during winter. Strategically positioned during the Cold War, it too was part of the Soviet Sphere. After the fall of the Berlin Wall and the crumbling of the Soviet Union, Mongolia saw its GDP fall by half overnight. Rather than descend into chaos or war, Mongolians worked together to demand democracy and a multi-party system. Since then, the country has been growing, albeit slowly, and relatively modernising.

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The key word here, however, is relatively. While small villages like the one I visited have access to Wifi connection, and most people are up to date on Game of Thrones, a significant proportion of Mongolians hold on to their traditional way of life. In the countryside many still live in “Ger”s (large tent homes made of cow skins) and live off of their livestock. On your way to the grocery store you may see Range Rovers and Yaks sharing the road, as well as someone talking on their smartphone while steering a pack of horses. It’s this tango between tradition and modernity that makes Mongolia so unique, a place where you can see the two dip, sway and step in an eight-count dance where tradition seems to be the lead.

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However, tradition has a solo in July when Mongolians put on their annual Naadam festivals. The full name of the festival translates to “the three sports of men” and during two or three days villagers compete in archery, wrestling, and horse-racing. First recorded around the Qing era of the 17th century, this festival now officially celebrates the 1921 Mongol Independence from China.

Men and women both take part in the archery contest. Men shoot from a distance of seventy-five meters and women from sixty-five meters. Each archer gets four arrows and each team of ten must collectively hit at least thirty-three small targets.

Wrestling, the second sport, is only for men; however, in an ironic twist, these male wrestlers wear skimpy uniforms that show off their round bellies and thick thighs. The goal is to make your opponent touch the ground with anything other than their feet or hands. At the start of the tournament, prominent wrestlers get to choose their opponents, most of them picking the smaller and newer wrestlers and as the day goes on, only the strongest remain. In Mongolian society, wrestlers are very well-regarded: interestingly enough, most successful wrestlers are also successful professionally and have important posts or are business owners. In fact, the principal of the Hatgal high school is a well-known wrestler.

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The last of the sports is possibly the most fascinating: horse-racing. Unlike Western horse-racing, in Mongolia, attention is paid to the horse and to the jockey. The racing is split into two categories where two-year old horses race ten miles and seven-year old horses race for seventeen miles. The races usually start in the very early morning and end around 10am. As if it wasn’t difficult enough, it is probably worth noting that the Jockeys are boys or girls between the ages of seven to thirteen and they ride bareback.

My last moment of pure wonder thus happened at Hatgal’s Naadam festival. Around 10:30 am, as people waited for wrestling to start, a faint rumbling could be heard. I hurried over to the top of the hill close to the finish line to watch the scene below me. At the front were two or three horses were neck and neck, their child jockeys feverishly whipping them to go faster. Behind, about eighty more contenders followed, while a few SUV’s sped alongside, presumably carrying worried parents. As the thudding became louder and the race approached, I was in complete awe. What was I doing at the age of nine? Certainly not riding bareback across the Mongolian plains. And that is when it dawned on me: Mongolian culture is not a fixed platter of events, customs and foods, it is something that is born out of perseverance, strength and a sense of community, all of it deeply rooted in a year-long celebration of tradition.

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I have no reservations in strongly recommending everyone on planet Earth to see Mongolia at least once in their lives. Not to “find yourself” or seek some ancient wisdom, but instead to experience a culture that could only exist in a place where children are as tough as nails, yaks creep into your front yard, and tradition and modernity dance ever forward.

Sara Sanabria is a second year student at Sciences Po Campus of Reims and Travel Section editor at The Sundial Press.

Voyage en terre colombienne

Par Mathilde Mousson

Nous arrivons à Santa Marta, dans le nord de la Colombie, après 15 heures d’avion, deux transites et un total de 29 heures de voyage depuis notre départ à une heure du matin. Nos parents nous ont promis un voyage routard à ma sœur et moi, et nous voilà en file indienne, un gros sac à dos derrière et un petit sur le ventre. Après une nuit de sommeil, nous effectuons notre première courte randonnée le long d’une rivière pour se baigner dans des piscines naturelles au pied de petites cascades. Mais nous éprouvons vraiment la chaleur humide des Caraïbes le lendemain, dans le parc de Tayrona, lors d’une longue marche en forêt – où les moustiques sont un peu trop présents – et qui finit dans une mer des Caraïbes… agitée.

Notre périple se poursuit en direction de Carthagène où le climat reste inchangé. C’est une véritable ville musée que nous parcourons à un rythme de neuf à dix heures par jour. Une fois ses remparts franchis, plusieurs mariages admirés et ses riches églises décorées aux feuilles d’or visitées, nous nous orientons vers le sud dans un petit village peu touché par le tourisme au bout de sept heures de car. Si nous sommes habitués à ne pas manger le midi en voyage, nous nous contentons ce jour-là et le suivant d’un unique repas par jour pour cause de nombreuses heures passées dans les transports.

Mompox est un coup de cœur, à la fois authentique et perdu aux confins de la Colombie, aux abords du Rio Magdalena. Aux allures de ville désertique en dehors de la réalité, des ateliers où l’on travaille l’argent bordent les rues tranquilles, d’où l’on peut apercevoir de superbes patios verdoyants. Dès le lendemain nous partons pour San Gil qui, plus touristique, valait le détour  pour une séance de rafting …et c’est aussi là que j’ai droit à ma première douche chaude. À peine séchés, nous profitons du marché avant de reprendre le car pour Barichara.

Cette fois ce sont des rues pavées qui quadrillent une ville toute en reliefs coincée dans la cordillère orientale des Andes. Nous en profitons également pour faire une randonnée sur le Real Camino, d’abord emprunté par les Indiens, puis anciennement pavé par les premiers colons espagnols. Le lendemain, une suite de trois trajets en cars nous emmène à Villa De Leyva pour y voir le marché du samedi matin. Les rues, de plus en plus nombreuses  à sillonner, nous font  découvrir les églises et façades typiques du pays. C’est de là que l’on part visiter le monastère de la Candelaria, le plus vieux qui fonctionne encore en Colombie. Un moine nous fait découvrir la véritable mine d’or que cela représente, avec ses tableaux datant du XVIIe siècle, son retable d’origine et ses livres écrits à la main en latin et parfaitement conservés… Une rencontre inoubliable.

Nous poursuivons ensuite notre chemin en bus de nuit nous portant jusqu’à San Agustin. On quitte alors les chaleurs humides pour nous élever à 2 000 m d’altitude. Dès notre arrivée, une balade à cheval de 4h nous attend afin de rejoindre les différents points d’intérêt où nous pouvons observer des sculptures datant de 3600 av. J-C. Une première expérience d’équitation au dos de Mantequilla, qui alterne entre petit trot dans les descentes et un pas tranquille dans les montées, ce qui permet d’admirer le paysage montagneux alentour. L’après-midi même nous visitons le parc archéologique afin d’y découvrir des monticules funéraires, sculptures et pierres tombales de l’époque précolombienne. Un site peu connu dans un lieu reflétant la Colombie profonde, où la préservation de l’environnement représente déjà une priorité pour le pays.

Le lendemain nous repartons pour Popayan, à travers le parc national de Purace qui chevauche les Andes à une hauteur de 4 000 m d’altitude, sur une route étroitement surveillée par les militaires, comme pour nous rappeler la présence des conflits armés dans la région, et son (plus ou moins) ancien rôle de route de la drogue. Nous progressons sur une piste cahoteuse pour rejoindre cette ville une fois encore emplie d’églises, plus ou moins épargnées par les nombreux tremblements de terre propres à la région. Mais le véritable intérêt de cette étape est le marché de Silvia auquel nous nous rendons le lendemain à la première heure. Encore très traditionnel, c’est le point de rencontre de plusieurs villages dont les habitants sont reconnaissables à leur jupes colorées et chapeaux colombiens.

Après cette expérience unique, nous reprenons un car pour nous rendre à Cali. Une escale plus “cosy” pour l’anniversaire de mariage de mes parents, où j’ai droit à ma seconde douche chaude ! Aussi appelée “la ville de la salsa”, nous avons pu y apercevoir des bars dansants dans lesquels nous ne pouvons pas entrer, ma soeur étant mineure… Le lendemain c’est reparti pour une route endiablée en bus, slalomant entre motos et camions à une vitesse de 80 voire 100 km/h malgré la limitation à 40, et le tout en montagne, avec virages et interdiction de dépasser. Nous arrivons donc à Salento, à temps pour visiter « una finca de cafe », la Colombie en étant le 3ème exportateur mondial. Cueillette, visite et dégustation plus tard, nous passons la nuit en dortoir avant de randonner dans le parc de la Cocora. Ses palmiers de cire peuvent culminer jusqu’à 65 m de hauteur, méritant ainsi le titre d’emblème du pays. Les paysages sont époustouflants, récompensant les efforts fournis pendant 4 heures à 2 800 m d’altitude. Après avoir grimpé en montagne pour les mitrailler de photos, nous reprenons un bus, en direction d’une nouvelle hacienda.

La gare de Salento est composée d’une table et d’une chaise en plastique en guise de bureau pour le personnel, ainsi que de deux bancs de fortune pour les premiers arrivés. La hacienda se trouve au beau milieu des plantations de café, loin de tout et de tout le monde. C’est une nouvelle randonnée ponctuée de moustiques, et le trafic colombien  nous mène à Medellin à travers une route de montagne dont la végétation caractérise le pays (et la longueur aussi puisque nous mettons finalement six heures au lieu des quatre prévues initialement). Nous entamons alors la dernière semaine du voyage, qui constitue le plus long séjour de notre périple puisque nous resterons quatre nuits à Medellin. Le premier jour nous allons à Guatape. Au sommet de près de mille marches, nous surplombons la ville victime d’une montée des eaux qui y a dessiné des lacs. Nous arpentons ensuite ses ruelles colorées avant de rejoindre Medellin.

Le lendemain, après avoir visité le superbe musée Botero, nous nous dirigeons cette fois à Santa Fe de Antioquia, ancienne capitale de la région. Le troisième et dernier jour nous continuons la visite de Medellin, où les opposés se côtoient, passant des quartiers propres et récemment modernisés à ceux qu’il nous est fortement déconseillé de fréquenter. C’est aussi le dernier jour de la fête des fleurs, l’occasion annuelle pour les habitants de défiler sur deux km, leurs compositions artistiques sur le dos. Une visite qui se termine par le jardin botanique et son impressionnante collection d’orchidées, immense et située en pleine ville.

Un vol intérieur nous envoie finalement à Bogota, la capitale du pays. Nous visitons le jour même le musée de l’or, exposant l’histoire précolombienne du pays, avec les traditions et coutumes des différentes tribus indiennes. Le lendemain on parcourt la vieille ville, ses riches églises et son musée de la monnaie retraçant sa création entre l’Europe et les Amériques. Après un restaurant français trouvé par hasard, nous dormons pour la dernière fois en Colombie. Nous sommes alors  le jeudi 10 août, et l’heure est venue pour nous de prendre la direction de l’aéroport pour un voyage de près de 24 heures afin de rejoindre la maison.

L’Inde entre les lignes (3)

Voici la troisième partie du récit de voyage de Marie Reboud en Inde (dans le cadre du stage offert par AIESEC), que vous pouvez suivre aussi sur son blog de voyage

Lire le début et la deuxième partie

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  • Premiers jours de volontariat

Écrit le jeudi 8 juin à Navi Mumbai

C’est donc mardi que mon travail de volontaire a enfin débuté.

Je suis d’abord allée déjeuner avec Marine et Erika, une stagiaire péruvienne de 27 ans qui a démissionné pour faire un grand voyage de 7 mois, entre New York et l’Asie du Sud. On décide de tester la cantine universitaire du Pillai College, dont fait partie l’auberge dans laquelle on réside. Je prends un Chapati : des galettes fines avec deux sortes de mélanges de légumes et d’épices. Il y a aussi une cuillerée de sauce piquante à laquelle je ne touche évidemment pas  : en France, j’aime beaucoup la cuisine épicée, mais ici un plat « non spicy » m’enflamme déjà la bouche…

On prend ensuite le train pour descendre à Belapur. C’est un quartier assez moderne et récent qui a des airs américains et dans lequel se trouve un CBD (Central Business District, encore merci aux cours de géo). Je monte alors pour la première fois dans ce que les touristes appellent un tuck-tuck mais qui se nomme officiellement un rickshaw. En fait c’est exactement comme une moto à laquelle on ajoute une roue à l’arrière, un toit et un petit banc pour les passagers. Le moteur couine ; on manque de renverser une petite dizaine de piétons en 5mins. Le rickshaw nous dépose devant le portail du Maruti Paradise, un complexe d’immeubles dans lequel vit Sarika Gupta, la fondatrice de l’ONG « Safe n’ Happy Periods » pour laquelle nous sommes bénévoles. On travaille depuis son appartement car elle a un air conditionné efficace, contrairement à celui de notre hostel.

L’objectif de son ONG est de sensibiliser à l’hygiène des règles (« raise awareness on safe disposals for periods »), qui restent, d’ailleurs, un énorme tabou en Inde : tandis que la grossesse est perçue comme un don de Dieu et la plus belle chose au monde, les menstruations sont considérées comme impures et sont une source de honte et de gêne. Dans la plupart des familles indiennes, les femmes qui ont leurs règles ne peuvent ni entrer dans la cuisine, ni aller prier au temple. De plus, les menstruations posent un problème écologique important ici : chaque mois, une femme jette l’équivalent de 50 sacs plastiques en serviettes hygiéniques. Il existe aussi un risque hygiénique : les déchets étant souvent laissés en décomposition à l’air libre, des maladies se développent, se propagent et infectent les éboueurs (ou tous ceux qui touchent ces déchets). Le but de cette association est d’apporter une éducation aux jeunes filles et femmes dans les écoles et autres centres d’accueil sur ce que sont les règles, en quoi elles sont normales, naturelles et nécessaires, ainsi que sur les produits hygiéniques à utiliser.

http://safenhappyperiods.org/

Marine, Becky, Aya, Fatma, Sarika et moi avons donc passé 2h devant l’arrêt de train de Vashi avec notre petit badge de “Volunteer”. Le but était d’arrêter des femmes dans la rue et de discuter avec elles pour recueillir des informations afin d’adapter les prochaines interventions de l’association, mais aussi pour faire connaître à ces femmes les dangers écologiques et sanitaires engendrés par certains produits. Je travaille en duo avec Marine et il faut avouer que nous sommes extrêmement efficaces : il est vrai que les Indiennes sont particulièrement contentes et curieuses de parler avec nous, deux étrangères blanches aux yeux bleus. Mon anglais étant meilleur que celui de Marine, j’ai la responsabilité d’aborder les femmes et de lancer la conversation. Etant toutes deux assez souriantes, nous n’avons pas vraiment de mal à attirer la sympathie des jeunes femmes et à discuter plusieurs minutes avec elle. Une fois de plus, ces Indiennes nous rendent des sourires qui me remplissent de joie.

Après ces 2h de “market research”, ou plutôt de discussions et de rencontres, nous sommes rentrées chez Sarika qui nous avait gentiment invitées à dîner. Sarika emploie une gouvernante qui s’occupe de son intérieur et fait la cuisine. Il me semble que beaucoup de riches indiens vivent ainsi. On nous a servi un excellent repas traditionnel et végétarien nommé Dal Chawal : du riz et des lentilles cuisinées avec de la sauce. La soirée chez Sarika est vraiment très intéressante et conviviale : nous mangeons sur ce qui lui sert de canapé, ce sont en fait des matelas posés par terre. Sarika est passionnante et répond à toutes mes questions : il faut dire que je suis assez curieuse, je vais donc d’un sujet à l’autre. Je profite vraiment de cet échange car j’ai énormément de chance de pouvoir parler avec cette Indienne très cultivée, souriante et heureuse de discuter de sa culture et de son pays. Je la questionne sur les tensions toujours existantes entre l’Inde et le Pakistan, sur les différentes religions présentes en Inde, sur les rites hindous, sur le cinéma bollywoodien (je compte bien aller visiter les studios de Bollywood d’ici la fin de mon voyage !)… Elle m’explique aussi la signification exacte du bindi (ou tilak), ce point rouge que beaucoup d’Indiens portent entre les sourcils. Le bindi symbolise le troisième œil de Shiva, il se positionne à l’emplacement du sixième chakra (celui où résident les facultés psychiques). Il est en fait une marque de la spiritualité de celui qui le porte et apporte le bonheur. Le bindi est une tradition hindouiste mais fait aujourd’hui partie de la culture indienne et peut ainsi être porté quotidiennement par n’importe qui (il suffit bien-sûr d’y croire !). Sarika est particulièrement touchée quand je lui parle des tensions avec le Pakistan : elle me raconte les attaques de Bombay des 26 et 29 novembre 2008, une série de 10 attentats islamistes qui a fait 188 morts… D’après elle, la principale tension aujourd’hui est liée au Cachemire, cette région qu’elle appelle « heaven on earth » et que l’Inde et le Pakistan se disputent… Becky, qui est britannique et étudie la littérature et l’histoire de son pays, nous parle du colonialisme anglais en Inde, de comment les Anglais ont quitté la région en deux-temps-trois-mouvements en 1947, et du découpage territorial toujours débattu aujourd’hui… La soirée se termine sur un énorme épisode de pluie et un retour à Panvel en taxi (une voiture passe à toute vitesse dans une flaque juste à côté de nous et une énorme vague s’abat sur le côté droit du taxi, aspergeant la voiture d’eau jusqu’au toit). Il fait nuit noire, il pleut, on longe un pont sous lequel est installé un petit bidonville. On voit un bébé dans les bras de sa mère, une petite fille qui joue et un homme qui dort littéralement au bord de la 4 voies…

La journée de jeudi se passe aussi chez Sarika avec qui l’on travaille sur les différents réseaux sociaux et la newsletter de l’association. On apprend ce soir que Sarika a reçu un message WhatsApp envoyé par une jeune fille avec qui nous avions parlé la veille dans la rue : la présidente de l’ONG nous félicite chaleureusement et semble très fière de nous ! Pour le déjeuner, on se fait livrer des pizzas et, surprise ! Les pizzas Dominos sont beaucoup moins grasses en Inde qu’en France. Marine et moi décidons de garder les quelques parts restantes : le soir-même, on les offre à trois petits garçons assis seuls et pieds-nus dans la rue, comme nous avions fait la veille avec notre reste de riz. L’immense sourire qu’ils nous rendent vaut largement le prix de toutes les pizzas du monde… Disons que la grande pauvreté est tellement présente ici qu’il serait absolument impossible pour nous de donner un billet à chacun… On décide alors de garder automatiquement nos restes et de toujours avoir un paquet de gâteaux sur nous.

Vers 20h, Marine et moi retrouvons Rahul à Seawoods dans un immense mall à l’américaine construit il y a quelques mois. Il nous présente Mariyan, un nouvel intern anglais de 21 ans qui fait partie du projet « Village Development » auquel nous participerons aussi et qui commence dans une semaine. Une fois de plus, je suis largement plus jeune que les autres interns que je rencontre et ils sont tous surpris d’apprendre que je fêterai mes 18 ans avec eux dans une dizaine de jours. Mariyan est très sympathique et dynamique, on lui parle de nos projets de voyages et de visites ce week-end dans le centre de Mumbai et dans quelques semaines dans le nord de l’Inde. Il est tout de suite très enthousiaste et désireux de se joindre à nous, ce qui est une bonne nouvelle pour Marine et moi qui avons du mal à motiver certaines bénévoles à sortir de l’auberge… Le voyage dans le nord de l’Inde est déjà en cours de préparation : Marine rentre en France le 6 juillet, on voyage donc du 27 juin au 5 juillet. 5 villes en 8 jours, du Rajasthan au Pendjab en passant bien-sûr par Dehli et Agra…

L’Inde entre les lignes (2)

Voici la suite du voyage de Marie Reboud en Inde (dans le cadre du stage offert par AIESEC), que vous pouvez suivre aussi sur https://www.myatlas.com/MarieRbd/

Lire la première partie ; la suite

  • Premiers pas dans la “ville qui ne dort jamais”

Écrit le mardi 6 juin à Navi Mumbai

Dimanche soir, jour de mon arrivée, j’ai fait la rencontre de Marine. Elle est française, elle a 23 ans et elle est ici depuis 3 semaines. Notre première discussion m’a énormément rassurée : elle me parlait déjà d’un voyage dans le nord de l’Inde que l’on pourrait faire ensemble dans quelques semaines et me racontait à quel point elle était heureuse depuis son arrivée. Voir un si grand sourire, autant de dynamisme, mais aussi parler avec quelqu’un qui a la même culture que moi m’ont fait énormément de bien.

Il faut dire qu’en tant que française de milieu plutôt privilégié, je me retrouve dans un environnement qui diffère en tous points du mien, d’autant plus que je n’ai jamais voyagé en Asie ni dans aucun pays pauvre. D’après Marine, qui a déjà visité la Thaïlande et l’Indonésie, je commence par le pire…

Lundi, j’avais rendez-vous à Vashi, un quartier disons plutôt moderne de Navi Mumbai, avec Aya, Fatma (une nouvelle intern Turque) et Rahul. Marine est venue avec nous car c’était la première fois que nous prenions le train et nous avions clairement besoin de son aide et de ses conseils.

Alors, prendre le train à Bombay… Je ne suis pas vraiment sûre de pouvoir décrire à quel point cette expérience, qui semble tellement banale, est en fait exceptionnelle à mes yeux. Les trains qui relient les différents quartiers de Mumbai et Navi Mumbai ne sont absolument pas comparables à quoi que ce soit qui existe en France. Disons qu’ils sont à mi-chemin entre le métro et le tramway, mais les différences sautent aux yeux. La première est que le train roule avec les portes ouvertes. Commet imaginer un métro parisien rouler portes ouvertes ? Lorsqu’on traverse le pont entre Mumbai et Navi Mumbai, le vent marin s’engouffre dans les wagons et il est si fort que mon téléphone a manqué de tomber de ma main ! Je pense que les quelques images parleront d’elles-mêmes bien qu’il soit difficile de prendre des photos discrètes alors que tous les regards sont fixés sur moi… Nous empruntons le wagon réservé aux femmes, mais le wagon mixte me semble aussi assez sûr dans la journée.

A Vashi, nous retrouvons Rahul dans un mall, c’est-à-dire un centre commercial, seul environnement plutôt familier jusqu’à présent. Le rendez-vous visait à organiser notre travail pour les prochaines semaines. Le maître mot pour toujours rester zen et calme en Inde est la patience : cela s’applique très clairement aux membres de l’AIESEC à Navi Mumbai, qui sont assez désorganisés et semblent toujours penser que tout va bien…

Le mall a clairement des allures de centre-commercial américain, bien que les boutiques Michael Kors et Hollister soient remplacées par du prêt-à-porter traditionnel et des salons de massage thaïlandais. Le supermarché est rempli de mangues et autres fruits frais. En parlant de mangues, elles sont très peu chères et faciles à trouver ici, à mon plus grand bonheur : j’en ai acheté 3 à un petit monsieur au bord de la route pour Rs.70, soit 1€, quand une mangue coûte 2.5€ en France !

La journée de mardi fût pleine de sourires, de rires et d’innombrables nouvelles découvertes pour moi. Aya, Marine, Fatma et moi partons vers 11h pour Vashi avec Becky, une anglaise arrivée en même temps que Marine. Rutu, la project manager de Becky et Marine avec qui nous allons travailler cette semaine, nous indique une mystérieuse adresse à laquelle nous devons nous rendre pour retrouver Sarika Gupta. C’est la fondatrice de l’ONG « Safe n’ Happy Periods », pour laquelle Marine et Becky travaillent depuis leur arrivée. Sur le chemin, nous sommes littéralement harcelées par des petites filles en haillons, pieds nus, qui nous tirent par les manches et tendent leurs mains pour obtenir quelques pièces ou billets. Marine leur répond sèchement, et m’explique ensuite que, bien que l’on soit prises de pitié, il faut savoir dire non car si l’on donne un billet à un enfant, une dizaine d’autres accourent et l’on ne s’en sort plus… Le soir, il nous restait du riz de notre repas et l’avons donné à deux petits garçons dans la rue qui semblaient très heureux de pouvoir manger plutôt que de recueillir des billets à remettre à leurs parents (ou autre…) ensuite. On croise aussi beaucoup d’aveugles qui font la manche, et je me dis que « Slumdog Millionaire » ne sort pas de l’imagination…

Nous nous retrouvons donc dans un Data Science Congress (!!!) organisé par Sarikaa dans le cadre de son activité professionnelle. On nous y offre un excellent buffet avec de la nourriture locale que nous dégustons entourées d’indiens en costume qui mangent debout et avec leur main droite. La rencontre avec Sarikaa nous permet d’organiser notre travail avec elle pour les prochains jours. Sarikaa a une cinquantaine d’années, elle est très belle, d’autant plus qu’elle porte un superbe sari orange et dorée, et elle a l’air d’être très instruite et indépendante, bien que mariée et mère de famille.

Il est 15h, nous n’avons plus de travail : pourquoi ne pas aller à Mumbai ?

Le voyage en train de Vashi au centre de Mumbai dure 1h. J’ai passé tout ce temps à observer les femmes autour de moi, à regarder ce qu’il se passe par la fenêtre (et par la porte !), vraiment comme une gamine dans un magasin de poupées (ou comme moi chez Zara il y a encore quelques mois) !

Arrivées à Mumbai, on décide de prendre le taxi jusqu’au Babulnath Temple. A 5 dans un taxi à 27centimes/personne la course, j’ai passé 25 minutes entre mini crises cardiaques et fous-rires. Quelqu’un qui n’a pas vu ça de ses propres yeux ne peut pas imaginer l’énorme bazar que sont le trafic et la circulation dans Mumbai : pas de rickshaws ici, mais une quantité impressionnante de taxis, de motos et de vélos, sans oublier bien-sûr les voitures et les camions. La scène ne serait pas si drôle si des petits monsieurs ne transportaient pas d’énormes sacs de graines sur leur tête en zigzaguant entre les engins qui roulent à 17kms/h. Sans parler des charrues remplies de meubles et de tubes de métal, ni des piétons, ni des pauvres policiers qui tentent de faire la circulation aux croisements. Les klaxons ne s’arrêtent pas, personne ne ralentit pour laisser passer les piétons… Bref, étant habituée à la circulation tranquille et plutôt respectueuse en France, j’ai vraiment cru que j’allais perdre la vie. Mais je pense qu’il suffit juste de s’habituer. A ma quatrième course de la journée, ça allait déjà beaucoup mieux.

Le temple hindouiste de Babulnath est absolument exceptionnel. Coupé des bruits de la ville, plein de couleurs et de fleurs, j’y ai vraiment ressenti un climat de calme, de paix, de gentillesse et d’accueil. Je pense que les images parlent d’elles-mêmes. Je voulais absolument visiter ce temple car c’est le décor de plusieurs scènes de la série Sense8 de Netflix que j’ai regardée en entier juste avant de partir (pour les connaisseurs, c’est ici que Kala vient se recueillir et que son beau-père se fait poignarder. La statue de Ganesh que l’on voit dans la série n’est pas là toute l’année, elle est apportée à Babulnath pour certains festivals uniquement).

Nous dinons sur Marine Drive, qui est en quelque sorte la Promenade des Anglais ou l’Ocean Drive de Mumbai. Une fois de plus les photos suffisent. Il fait frais grâce au vent marin, les gens sont souriants et le coucher de soleil est magnifique.

Pour rentrer, vers 21h, on prend le train d’un terminus à l’autre, un total de 2h de trajet environ. Une fois de plus, chaque minute passée dans le train est pour moi une expérience profondément enrichissante. A peine installées dans le wagon des femmes, tous les yeux se braquent sur Marine, Becky et moi, car nous avons la peau claire, les yeux bleus, et Becky et moi-même sommes blondes. Les regards sont d’abord intrigués, surpris mais surtout pesants car assez insistants. Mais très vite, je décide à mon tour de regarder ces femmes dans les yeux, et de leur offrir de larges sourires. J’avais besoin de leur montrer que j’étais exactement comme elles et que je ne devais surtout pas être une source de crainte. C’est à ce moment-là que j’ai vécu la plus belle expérience depuis le début de mon voyage mais aussi sans doute l’une des plus belles de ma (courte) vie. Une jeune femme, qui m’avait vue sourire et qui semblait très intriguée, est venue s’asseoir à côté de moi. Elle engage alors une conversation avec moi en Hindi à laquelle je ne comprends bien-sûr pas un traitre mot. Voyant qu’elle ne parle pas anglais, je demande autour de moi si quelqu’un peut nous servir de traductrice. Personne. Voyant que la jeune femme s’acharne et continue de me sourire et de me parler, je sors mon téléphone et lance Google Traduction. Elle peut ainsi lire mes messages en Hindi et me répond avec des gestes afin que je puisse comprendre à mon tour. J’apprends donc qu’elle vit à Panvel comme nous, elle me présente sa fille et sa sœur, toutes deux adorables et très souriantes. Elle semble ébahie quand je lui dis venir de France (sait-elle quoi que ce soit de mon pays ?), et elle sourit timidement quand Marine et moi lui disons qu’on l’a trouve très jolie. Cet échange, pourtant rapide et laborieux, m’a remplie d’un immense bonheur, mais m’a aussi apporté, en quelque sorte, beaucoup d’espoir. Cette femme qui semblait assez pauvre et peu éduquée (puisqu’elle ne parlait pas anglais) avait bravé l’inconnu et était venue s’asseoir à côté de moi pour me parler. Je crois pouvoir dire que je n’oublierai jamais cet échange et encore moins ces sourires pleins de curiosité, de malice, d’intérêt mais surtout d’humanité et de joie.

L’Inde entre les lignes (1)

Voici la suite du voyage de Marie Reboud en Inde (dans le cadre du stage offert par AIESEC), que vous pouvez suivre aussi sur https://www.myatlas.com/MarieRbd/

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  • Paris, veille du départ

Écrit le vendredi 2 juin à Paris

Cela fait maintenant près de 4 mois que j’attends ce voyage, et 4 ans que je rêve de découvrir l’Inde.

Je viens de terminer ma première année du collège universitaire de Sciences Po Paris, sur le campus euro-américain de Reims. J’ai suivi des cours d’histoire, de droit constitutionnel, d’économie, de sociologie, j’ai rencontré des étudiants de la France entière mais aussi du monde entier qui ont tous de merveilleuses histoires et expériences à raconter. Cette année a aussi été marquée par l’actualité française et internationale : la très choquante et décevante élection de Donald Trump aux États-Unis, la poursuite de la guerre en Syrie et de la crise migratoire en Europe, la terrible situation des homosexuels en Tchétchénie, la présence de Marine Le Pen au second tour des élections présidentielles françaises…

Je ressentais le besoin d’agir, de m’engager personnellement sur le terrain, mais aussi d’aller à la rencontre des fléaux dont j’entends parler en cours et dans les médias et qui me révoltent : les inégalités, le difficile accès à l’éducation, le risque sanitaire, la ruralité, la chaleur aussi… Je voulais voir cela de mes propres yeux, le vivre moi-même. Je voulais sortir de ma zone de confort, m’éloigner le plus possible de mon milieu privilégié français, pays lui-même privilégié.

J’ai donc choisi l’Inde. Non pas parce que je vois ce pays comme le théâtre de toutes les horreurs du monde, loin de là. Mais plutôt parce que je suis fondamentalement et, ma foi, inexplicablement attirée et fascinée par sa culture, sa mentalité, son histoire (et son patrimoine culinaire bien-sûr), bien que je m’y connaisse très peu pour l’instant. J’ai bien-sûr vu “Slumdog Millionaire” mais aussi “The Cheetah Girls: One World” (un film pour ados de Disney qui a construit tous les clichés que j’ai de l’Inde). J’ai surtout lu récemment plusieurs romans d’auteurs indiens ou pakistanais à travers lesquels j’ai pu découvrir la réalité de l’Inde d’aujourd’hui. “Le Dieu des Petits Riens” de Arundhati Roy, “Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante” de Mohsin Hamid ou encore “Un mauvais garçon” de Deepti Kapoor.

 

D’un point de vue plus académique, disons que je suis particulièrement intéressée par les études religieuses, le développement, les inégalités et la solidarité internationale. Ce voyage dans un pays des BRICS rentre donc aussi dans le cadre plus général de mes études et d’un futur projet professionnel qui reste encore à définir.

C’est en Inde que je voulais partir, malgré les avertissements de ma mère ou de mes amis sur le potentiel choc ou même danger que ce voyage pouvait représenter.

Grâce à l’AIESEC, une association internationale de jeunes dont je fais partie sur le campus de Reims et qui vise à “activate the leadership potential of young people”, ce projet de voyage humanitaire en Inde est possible et rentre même dans le cadre de mes études : il est comptabilisé comme mon stage “ouvrier” de fin de première année. http://aiesecfrance.org/fr/

Je ne suis pas vraiment sûre de pouvoir réellement mettre des mots sur ce que j’attends de ce voyage. Disons que j’espère pouvoir rencontrer, aider, servir, visiter, découvrir, sourire et faire sourire.

  • Arrivée à Navi Mumbai

Écrit le dimanche 4 juin à Navi Mumbai

Me voilà maintenant au Pillai Girl’s Hostel de New Panvel East, un quartier de Navi Mumbai. Navi Mumbai (le “nouveau Mumbai”) est une ville née de l’expansion de Mumbai (merci aux cours de géographie et à la carte étudiés pour mon bac ES !).

Malgré un colis abandonné et une évacuation de mon terminal à CDG, le Paris-Mumbai a pu partir plus ou moins à l’heure. Déjà dans l’avion j’étais la seule blonde et j’étais entourée de familles indiennes avec mères en tuniques, pères aux grosses montres bling-bling et enfants souriants. J’ai été assez amusée de voir que presque tous les voyageurs autour moi, hommes comme femmes, regardaient des films indiens qui semblaient tous être des navets romantiques. J’ai donc tenté “Happy Bhag Jayegi”, qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui ne veut pas se marier avec l’homme choisi par son père et qui, par un concours de circonstances, se retrouve au Pakistan chez un homme politique qui lui arrange finalement un mariage avec celui qu’elle aime. C’était plutôt sympathique, coloré et joyeux mais à vrai dire très long…

Arrivée à Mumbai, j’ai retrouvé Aya, une “intern” égyptienne absolument adorable et très souriante. Elle est musulmane pratiquante et compte bien continuer le Ramadan malgré la lourde chaleur indienne (donc pas d’eau ni de nourriture du lever au coucher du soleil). Nous avons tout de suite été rejointes par une bande de 5 ou 6 jeunes indiens qui font partie de l’AIESEC Navi Mumbai : il sont restés avec nous de 2h à 5h du matin et sont ensuite partis car ils étaient volontaires à 6h30 pour un marathon solidaire ! Bien que j’avoue ne pas avoir tout compris à ce qu’ils racontaient (disons que je ne suis pas vraiment habituée à l’accent indien), j’ai tout de même pu tirer beaucoup de cette rencontre et de ces premiers échanges. Ces jeunes étudient tous l’ingénierie et il est facile de deviner qu’ils viennent de familles indiennes privilégiées. J’ai d’ailleurs été assez étonnée de voir les 3 filles en jupes courtes et ventres découverts, contrastant avec le dress code à adopter en Inde dont on m’avait parlé. Vers 2h30 du matin, je suis sortie du Starbucks où nous avons passé la nuit pour aller tirer du cash et je suis donc retrouvée à l’air libre: au beau milieu de la nuit il fait déjà une chaleur pesante et étouffante. On se croirait dans une serre. Les jeunes indiens me disent que je ne suis pas au bout de mes peines niveau météo…

A 8h30, nous sommes enfin montées dans un taxi avec Rahul, notre project manager. On peut dire que c’est là que le voyage en Inde commence vraiment. Nous avons passé 1h30 dans le taxi pour aller d’un bout à l’autre de la ville. Je me battais pour garder les yeux ouverts malgré l’immense fatigue (il était 5h du matin heure française et je n’avais littéralement pas dormi de la nuit). Par la fenêtre, j’ai eu mon premier aperçu de ce qu’est l’Inde: un trafic automobile proche de Mario Kart, entre voitures, rickshaws et motos (Rahul m’expliquait d’ailleurs que “Indian people never follow the rules”, d’où l’énorme bazar…), des bidonvilles au bord de l’artère très passante, des vaches maigres comme des clous allongées sur le trottoir, des chiens qui ne semblaient d’ailleurs pas en meilleure forme, beaucoup beaucoup de déchets, des immeubles vétustes ou en cours de construction (ou peut-être se sont ils juste arrêtés là ?)… Mais je vois aussi énormément de verdure (on passe autour d’une colline qui semble inhabitée), de bus peints en turquoise et recouverts de motifs calligraphiques, de femmes en sari multicolores comme dans les films, d’enfants qui jouent. A ce moment là, je crois que je suis incapable de commenter ce que je vois, je ne peux que décrire, et encore…

Le foyer dans lequel on réside est en fait un campus universitaire qui sert d’auberge de jeunesse pour touristes. Il est réservé aux filles. Pour le coup, il n’y a vraiment que le strict minimum, mais la Wi-Fi est performante et c’est propre. Ça me convient très bien.

Après avoir dormi quelques heures, nous sommes allées acheter de l’eau et nous balader une vingtaine de minutes autour de l’auberge. Premières interactions avec des locaux qui ne sont pas membres de l’AIESEC : on parle plus la langue des signes que l’anglais ! La plupart des petits commerçants à qui nous nous adressons ne nous comprennent pas, mais on arrive à communiquer et à se procurer 3L d’eau pour 60 roupies, c’est-à-dire 80 centimes.

 

Letter to… Planet Earth

Dear Planet Earth,

I hope you’re doing well. But I fear you’re feeling a little under the weather.

Firstly, I want to say sorry. Sorry for the destruction that the human race has caused you and continues to cause every day. Pollution, litter, deforestation, over-consumption; the list could go on. I apologise on behalf of the man who will continue to cause a lot more devastation to your precious land and atmosphere: the current President of the United States, a man who should know better. His lack of interest in the environment and climate change is particularly unfathomable considering the almost unanimous agreement of the dangerous consequences of climate change by numerous scientists, societies, science academies, government agencies and intergovernmental bodies.

After the ratification of the Paris Climate Agreement in October 2016, we all thought things were heading in the right direction. It was, after all, the first ever universal, legally binding global climate deal between 195 countries. Their long-term goal is to keep the increase of global average temperatures below 2°C. But now all of that hard work may be for nothing – and the reason begins with a big fat capital T.

Trump’s new executive order ‘Promoting Energy Independence and Economic Growth’ announced on March 28th is seen by many as a step backwards in terms of green energy and a big slap in the face of Planet Earth. The order instructs every agency of the federal government to immediately review and get rid of existing regulations that potentially burden the development or use of domestically produced energy resources. i.e. the regulations surrounding the fossil-fuel and nuclear-power industries.

In particular, it directs the Environmental Protection Agency (EPA) to revise the Clean Power Plan – created by Obama in August 2015 – which was meant to show the world that the US is committed to leading global efforts to address climate change. Helping the US to get halfway to their target of reducing greenhouse-gas emissions by a quarter, from their 2005 levels, by 2025. In Trump’s words it is a “crushing attack on American industry”.

Here are some pretty incredible statistics: the plan would, it was projected, result in 870 million fewer tons of carbon pollution released into the atmosphere, as many as 360 fewer premature deaths in the US between now and 2030, and 90,000 fewer asthma attacks in children. Surely something worth keeping?

The EPA is rapidly descending into a shambles. Scott Pruitt, the new EPA administrator (and known skeptic of climate change) announced that the agency was no longer interested in even collecting data on the amount of methane that oil and gas companies release. This, from the person in charge of an agency specifically created to protect human health and the environment.

In a recent New Yorker article entitled Trump V. The Earth, Amy Davidson argues that this order is not what Trump calls “an end to the war on coal,” but is in fact a war on the basic knowledge of the harm that coal can do. I would argue that this is the battle cry of a man who wants to recommence the war on our planet – it was far from ending, but it was at least being recognized and addressed. A war which will affect every single one of us. I wonder if he ever thinks about how his actions will affect the world for future generations – the one his son, Barron, and grandchildren will grow up in.

But climate change will not just affect a far-off distant future; it is already impacting the here and now. Just ask the displaced communities forced from their homes due to rising sea levels (global sea level rose about eight inches in the last century. The rate in the last two decades, however, is nearly double that of the last century.) Or ask the people in South Sudan – where drought is a contributing factor to one of the worst humanitarian crises since 1945, according to the UN. In March 2014, TIME Magazine published a report which found that global warming of only 2º C will likely reduce yields of crops like rice and maize as early as the 2030s – much sooner than expected. This is happening in countries that produce barely any carbon emissions, countries with almost no industry or few vehicles. Looking after the planet also means looking after our fellow human beings.

Davidson writes; “For all the talk of American greatness, Trump’s actions regarding climate change represent a historic abdication of leadership.” Particularly as a survey conducted by the Pew Research Centre last year found that around two-thirds of Americans think climate scientists should have a major role in policy decisions about climate matters, more than say that of the public, energy industry leaders, or national and international political leaders. In other words, the American public think climate change is important and want to do something about it.

Maybe Trump could look at the younger generation for inspiration; more and more young people are choosing to adopt daily practices to protect the environment and combat climate change. A survey conducted last year by the European Parliament found that – out of the 10, 294 young adults questioned in the 28 Member States – 63% sorted household waste, 47% reduced their consumption of disposable items and 46% reduced water and energy consumption at home.

Around 7.5 billion people call Planet Earth home. That’s a lot of mouths to feed and a lot of homes to warm. But it is not over-population that is necessarily the main threat to our globe, but over-consumption. As Gandhi once said; “The world has enough for everyone’s need, but not enough for everyone’s greed.” By doing small acts to help the larger picture, I believe we can at least try to combat the ignorance of others.

But this isn’t just one long grumble; I also want to say thank you. Thank you, Planet Earth, for your sunrises and sunsets; the orange glow which never fails to mesmerise me. Thank you for the cherry blossom in Spring and the crisp leaves that crunch underfoot in Autumn.

Thank you for your vast oceans; even the freezing Atlantic, which I like to dip my toes into from time to time. For the water that I drink, for the food that grows within you, for the shelter you provide.

Thank you for being so beautiful that I sometimes have to catch my breath. Thanks for the smell of freshly cut grass and the whisper of the wind between your branches; the sound of the birds singing at dawn and the crash of thunder in a storm.

I may not be the greenest person out there, but I do try. Because I know how precious you are. I appreciate your beauty, your strength and your resources – growing up on a diet of David Attenborough documentaries, it was hard not to be awestruck by nature. As Louis Armstrong’s dulcet tones once sang: what a wonderful world.

All the best from your ever-grateful inhabitant,

Jessie

Letters to… A Younger Version of Myself

Dear eighteen-year-old Simay,

You look adorable with that haircut. You are probably incredibly excited to start a new school in France and I wish I could go back in time and warn you –it’s not going to be as amazing as you expect it to be, and that’s okay. You are not going to kiss someone on top of the Eiffel Tower, you are certainly not going to be the best student in your class, and there will be lots of mental breakdowns along the way. However, you are going to change as a person in ways you can’t even imagine and that’s probably worth all the trouble. I should also add that your French will suck by the end of two years but you’ll have that one teacher who will make you read Voltaire and Victor Hugo and even though it will take you ten minutes to read a page, you will be able to say “I have read Voltaire in French,” when you are twenty-five and want to sound highly intellectual at a dinner party.

I have a couple of pieces of advice for you to get through your years in Reims. First of all, the reason you are going to be disappointed is not because Sciences Po does not offer a high-quality education, but because you imagined it as a utopian place upon your arrival on campus. Above all, it’s an institution, which means you are going to have professors who will really change the way you look at the world, and those who can’t form a proper sentence without looking at his/her notes. You will meet people that’ll make you wonder “How did he/she get in here?” and those whom you will admire and look up to as role models.

It is going to be a difficult task to realize that grades do not matter as much as learning. You can get really high grades without learning the subject properly if you know how the system works, prioritize courses that will give you the most credits, and do nothing else. Or, you can settle for an average grade, but actually dedicate your time to learn the things that you really want to learn. It’s a choice you need to make between being pragmatic and ethical, and sooner or later you’ll know which one makes you happier. Do not brush aside your hobbies just because you need to pass that micro quiz. Nobody is going to ask you to calculate marginal utility in two years, but you will regret it a lot if you sit in front of a piano and can’t even play the most simplistic sonatas of Beethoven. If you are going through a depressive episode, do not force yourself to study. Treat it as any other health issue and take care of yourself. You deserve that ice cream. Do not go to your Italian class if you have a fever that is above 38.5 (I am serious that class isn’t going to end very well, go back to sleep). Do not hesitate to ask for help when you need it, some people are going to turn you down , but that is not a reason to stop asking. There will be someone who will finally respond, understand, and be there for you (I would list the names of all the people that I would like to thank here, but I don’t want to turn this into an Oscar speech). Invite people to dinners and movie nights. If you want to get to know someone and don’t have the opportunity to do so, then create one on your own and chances are there are lots of people out there waiting to be reached out to. If there is an association that you want to join that does not exist on campus, start one. Do not force yourself to socialize the way everyone does. You don’t have to go to every single event during the integration week in order to make friends. Go out if you feel like going out, but you can also make yourself popcorn and get a beer and watch How I Met Your Mother for hours and that is an acceptable way of spending a Friday night. Lastly, try to judge people less. Judge yourself less. If you are not happy, stop whining and try to make the best out of a situation. Regarding your third year abroad, don’t worry about it too much. You’ll end up in some place really cool.

Lots of love,

A slightly wiser version of yourself that really needs to work on an essay but instead decided to write this.